Les enfants à la place des parents !

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Dans tous les pays du monde les enfants ont des droits surtout les droits fondamentaux comme droit à la vie, à la santé, à l’éducation, le droit de la parole pour ne citer que ceux-là. Néanmoins avec l’adoption de la convention relative aux droits des enfants ratifiée en 1989 et signée par Haïti en 1994, l’attention est mise d’autant plus sur la protection des enfants.

 

En Haïti, la situation s’est empirée jour après jour par rapport à la conjoncture actuelle. La situation des enfants évolue à grande échelle dans des villes du pays.  Dans les années 80, il y a eu une multitude d’enfants des rues sans existence, qui n’ont aucune pièce d’identité. Cependant il était possible de trouver des centres d’accueil, des orphelinats pour les héberger. De nos jours, la situation a changé, des enfants qui ont des parents, se comportent en enfants des rues.  A Jérémie, « la Cité des poètes », à chaque carrefour on trouve des enfants qui font du travail pour gagner leurs pains. Ces derniers deviennent ainsi, ceux qui travaillent dans les rues pour apporter de l’argent à la maison.

 

Darline St Fort, une travailleuse sociale de l’Institut du Bien-Etre social et de Recherches (IBESR), nous explique : « Le problème de nourriture est la base de ce phénomène qui se développe et qui a tendance à gagner en ampleur  ». Patrick et Gerald, deux jeunes garçons, âgés respectivement de 10 ans et 13 ans. Ce dernier a eu le malheur de perdre une jambe lors d’une chute. Ils sont originaires, respectivement des localités des Abricots et de Prévilé. Patrick vit avec sa tante et il explique les conditions difficiles auxquelles il fait face et qui l’a poussé à se transformer en mendiant. « Nous sommes dans la rue parce que nous avons faim et nous sommes ici pour trouver un peu d’argent », justifie-t-il, le regard un peu perdu.

 

Selon le Psychologue Auguste Paul Oclor affecté à l’Hôpital Saint Antoine de Jérémie des causes diverses sont à l’origine cette multiplication du nombre des enfants des rues à Jérémie, la situation d’extrême pauvreté, la délinquance juvénile, la violation des règles familiales, l’irresponsabilité des parents, d’église et d’école. « Désormais, ils sont livrés à eux-mêmes et la situation du pays est très inquiétante pour les années qui suivent, on aura plus de problème à résoudre », a ajouté le psychologue.

 

A Jérémie, la situation mérite de prendre des actions urgentes et concrètes en raison du manque de structures et d’encadrement, combinés à la faiblesse des institutions de l’Etat.  La difficulté n’est pas de faire des enfants, mais de les nourrir. «  Ma mère se rends dans les endroits reculés tous les jours, j’ai souvent faim et je dois me rendre dans les rues pour trouver quelque chose à manger en attendant son retour », avoue le jeune handicapé, avec un sourire triste. « Beaucoup d’institutions et d’organisations travaillant dans ce domaine, font des plaidoyers, c’est le cas d’IBESR, mais cela n’empêche pas beaucoup d’enfants de continuer à abandonner l’école pour gagner de quoi à manger », rappelle Darline St Fort.

 

Pour sa part, le psychologue estime qu’il est encore tôt si on veut remédier à la situation.  L’Etat doit assumer ses responsabilités, créer des emplois, élaborer une politique de planification familiale car trop d’enfants naissent sans aucune préparation.

 

Ralph Simon

Simonralph65@gmail.com

+(509) 3627 7614

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Communicateur, Journaliste, Bloggeur chez RFI, Publiciste, Gestionnaire / Administrateur.
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