Construction de la route Nationale no 7, L’environnement de la Grand ‘Anse en péril.

PicsArt_1406048245870

 

Sous l’auspice du Conseil Consultatif auprès de  la Banque  Interaméricaine de Développement (BID), la ville des poètes, Jérémie, chef-lieu du département de la Grand’Anse, a reçu ce weekend une délégation qui a animé un débat sur la construction des 90 km de route Jérémie/Cayes. A l’évidence, la discussion, en abordant la question de sauvegarde l’environnement de la région, a échappé au contrôle des intervenants, principalement les responsables des TPTC.

 

De fait, les procédures démagogiques appliquées par la direction des Travaux Publics depuis le démarrage du projet, continue à poser des problèmes quant aux expropriations/indemnisation. Les vraies victimes ne sont pas indemnisées. ESTRELLA poursuit l’itinéraire de l’OAS, un jour de travail, quelques jours de blocage. « Je demande à la société civile de motiver la population afin que la compagnie puisse trouver les espaces pour faire une ouverture de 11 mètres », a souligné le représentant du MTPTC. La société civile divisée n’est pas à la hauteur de cette tâche. Le directeur régional du MTPTC, Wilbert Auguste, a promis de résoudre ce problème, mais il pourrait regretter sa place en ignorant les partisans des politiciens départementaux au pouvoir. «Pourquoi tous ces problèmes pour la construction d’un trajet en Haïti », a questionné l’Agronome Carl Antoine. Nonobstant les erreurs techniques mortelles, depuis les travaux de l’OAS, et en raison de manque de visibilité sur la marche de l’ouvrage, les Grand’anselais s’inquiètent sur le risque de dégradation de cette réserve forestière du pays, la Grand’Anse.

 
« Une arme à double tranchant ». « Un enfant avec un revolver ». Des propos employés l’assistance pour dessiner les menaces qui pèsent sur le département avec la construction de la route nationale No 7. « Une route est un moyen de développement, il peut aussi constituer un moyen de destruction. L’irresponsabilité de nos dirigeants nous conduira à des catastrophes indescriptibles », a insité Gérald Guillaume, coordonnateur de Jeunesse Action pour le Développement (JAD).

 
1.2 %, c’est le taux de la couverture forestière d’Haïti. La Grand’Anse représente environ 1 %. Dans la politique des 5  « E  » du gouvernement Martelly/Lamothe, l’année 2013 a été consacrée comme celle de l’environnement. Or, rien de concret n’ayant été fait, la déforestation d’Haïti s’accélère à pas de géant. « Selon les constats que je fais sur la Route Jérémie/Cayes, il n’existe pas une politique environnementale » a relaté Edouard Paultre, Responsable du Conseil Haïtien des Acteurs Non Étatiques (CONHANE).

 

Interpellé, depuis 2010, par les Dry Cleaning, les boulangeries de Bois, les entrepreneurs de charbon de bois, le directeur départemental de l’Environnement André Marc Daniel ne trouve pas le verbe pour expliquer le chaos : « Nous avons beaucoup travaillé dans un laps de temps, mais nous n’arrivons pas à freiner la machine de destruction ». Les gens pensent qu’il n’est pas là ou il devrait être. « Le transport de bois et de charbon de bois se fera le soir pendant l’inactivité de la police nationale », a poursuivi le Directeur de l’Environnement. La population est à la merci des méchants.

 

A noter, après abandon des chantiers par la compagnie Brésilienne OAS, en 2012, c’est la compagnie Dominicaine ESTRELLA qui a obtenu le contrat de reprendre les travaux, suite à la pression populaire, née d’un soulèvement dans le chef-lieu du département de la Grand’Anse. Un mouvement de revendications qui a coûté la vie à deux jeunes garçons tués par balle, un sur le port de la ville par un agent des Gardes Côtes et l’autre, à proximité de la prison civile de Jérémie, par un agent de l’APENAH embusqué.

 

Il a fallu attendre la fin de 2013 pour que cette société voisine débute les travaux, après la signature d’un contrat en deux parties. « Nous avons signé un premier contrat de 40 millions de Dollars puis un autre de 47 millions pour la finalité de cette route nationale # 7 qui sera achevée entre décembre 2015  à juin 2016 », a déclaré Gaëtan Youance représentant du MTPTC.

 

Toutefois, les problèmes environnementaux que pose la construction de la route sont demeurés sans réponse de la part des principaux intervenants. La route étant de plus en plus facile d’accès, le commerce du charbon devient plus rentable, même le pic Macaya n’est pas épargné du fléau. La vie des grand’Anselais est donc de plus en plus en péril.

 

 

 

 

Ralph Simon

simonralph65@gmail.com

The following two tabs change content below.
Ralph Simon
Communicateur, Journaliste, Bloggeur chez RFI, Publiciste, Gestionnaire / Administrateur.
Ralph Simon

Derniers articles parRalph Simon (voir tous)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.